Les Germaine et leurs enfants sont en weekend au chalet de Queen G.
Pour gérer quatorze enfants et quatre adultes dans un espace fait pour une famille de quatre, ça prend un plan. Les Germaine en ont un.
Ça commence par une division de l'espace en zone: l'étage, le sous-sol, dehors.
À l'étage, il y a deux chambres. Dans la première, Super Germaine s'installe avec ses deux petits, Chichou et Popol. Germaine Inc. et Queen G partagent l'autre avec Élise et Chichi. Le reste de l'espace, qui comprend cuisine, salon et salle à manger, sert pour les repas, de zone bébés et de refuge pour mères.
Dans le sous-sol à aire ouverte habitent les dix autres enfants. Pour la nuit, les quatre grands garçons du clan, Bas, Ced, Vic et Mat, sont regroupés du côté des armoires sur des lits de camps et des matelas de sol. À côté des laveuse/sécheuse, les trois autres filles de Germaine Inc, Marie, Madeleine et Jeanne, sont allongées sur un matelas. Sous l'escalier, il y a les petites poulettes, Bibiche, Nana et Lau, cordées sur le sommier. Pas-si-Germaine-que-ça veille sur eux, et sur le poêle à bois.
Pour assurer l'harmonie des enfants et l'équilibre mental de leur mère, il est décreté que les enfants joueront dehors dans la neige tant et aussi longtemps que leur santé/sécurité ne sera pas menacée. Le reste du temps, ils joueront dans le sous-sol.
Bientôt, ce n'est plus un sous-sol. C'est une matrice grouillante, gigotante d'enfants. On y court. On y mime des batailles de ninja. On y joue à la voiture, aux jeux de société, à la princesse. On y écoute des films.
De temps en temps, la matrice crache un enfant dans l'escalier qui mène à l'étage. En haut des marches, derrière la barrière anti-bébé, une Germaine accueille l'enfant, évalue son besoin, y répond (ou pas) avant de le retourner.
Enfant: J'ai faim.
Germaine: On mange à 6h, on va vous appeler. Retourne en bas.
Enfant: J'ai soif.
Germaine: Y'a un verre dans la salle de bains. Retourne en bas.
Enfant: Les gars veulent pas qu'on joue avec eux!
Germaine, crie du haut de l'escalier: Les gars arrêtez d'exclure les filles! Les filles arrêtez d'achaler les gars! Bon, retourne en bas maintenant.
Malgré l'ambition du plan, les choses se passent remarquablement bien. Les enfants s'amusent, les mères aussi. Tout se passe bien, donc. Jusqu'au samedi soir.
L'excitation et la fatigue aidant, le sommeil ne vient pas facilement. Super Germaine doit allaiter et recoucher Popol plusieurs fois. Chichou a envie de pipi. Chichi appelle sa mère. Y'a même Élise qui se plaint de son sort. Les petites poulettes qui ont fait la sieste ne s'endorment et jacassent entre elles. Entre deux bouchées de fromage à raclette et deux gorgées de vin, il faut intervenir plusieurs fois, descendre et remonter l'escalier.
Puis, un enfant ose. Des petits pas dans l'escalier. Une voix étranglée, méconnaissable.
Enfant: J'arrive pas à dormir..., gémit-on.
Queen G s'approche de l'escalier. Se penche au-dessus de la barrière vers la silhouette d'enfant qu'elle devine dans la pénombre. La petite voix marmonne à nouveau, toujours méconnaissable.
Enfant: C'est parce que j'suis pas capable de dormir, dit la petite silhouette anonyme.
Queen G: Ok. Mais, euh... C'est quoi ton nom?
Sous les fous rires mal retenus des Germaine, Jeanne décline son identité. Laissant derrière elle sa petite poêlonne à raclette, Germaine Inc. part rassurer sa fille et la recoucher.
Enfin, tous les enfants dorment. Le poêle à bois ronronne. La paix. Le silence.
Les Germaine continuent de boire, de manger, de discuter, de profiter.
lundi 9 février 2009
jeudi 5 février 2009
Le génie face à l'adversité
Mon Germain est une source infinie de solutions géniales et originales. Il semble que son cerveau n'ait pas la faculté de l'autocensure qui nous garde, nous, être humains à l'intelligence dite "normale", dans la rassurante voie de la conformité. Son audace intellectuelle et son ingéniosité font de lui un excellent scientifique, un patenteur talentueux et un penseur avant-guardiste, capable de programmer en plusieurs langages informatiques, jongler avec des concepts mathématiques à la limite du compréhensible, construire des meubles en bois et inventer des histoires de science-fiction.
Mon Germain est une graine de génie.
Mon Germain est aussi un père dévoué et attentif, mais le génie germe parfois bien étrangement dans le terreau de la vie quotidienne.
Tranche de vie:
Germain assume seul la charge des enfants alors que je suis sortie quelques minutes. Le bébé termine sa sieste durant mon absence et a besoin d'un changement de couche immédiat. Germain installe le bébé sur la table à langer et lui enlève sa couche malodorante. Après avoir essuyé les fesses du bébé, Germain constate qu'il n'y a plus de couches propres dans le sac de couches à proximité de la table à langer. C'est alors que les rouages de son prolifique cerveau se mettent en branle et mettent au monde une solution plus que surprenante.
De retour de mes courses, je retrouve mon bébé de un an qui court sur le tapis du sous-sol, à moitié nue mais en portant fièrement les petites culottes de sa soeur de six ans !!!???!!!
Alors, même moi, habituée par plus de dix ans d'originalité, suis restée bouche bée devant la subtilité de son intelligence.
Mon Germain est une graine de génie.
Mon Germain est aussi un père dévoué et attentif, mais le génie germe parfois bien étrangement dans le terreau de la vie quotidienne.
Tranche de vie:
Germain assume seul la charge des enfants alors que je suis sortie quelques minutes. Le bébé termine sa sieste durant mon absence et a besoin d'un changement de couche immédiat. Germain installe le bébé sur la table à langer et lui enlève sa couche malodorante. Après avoir essuyé les fesses du bébé, Germain constate qu'il n'y a plus de couches propres dans le sac de couches à proximité de la table à langer. C'est alors que les rouages de son prolifique cerveau se mettent en branle et mettent au monde une solution plus que surprenante.
De retour de mes courses, je retrouve mon bébé de un an qui court sur le tapis du sous-sol, à moitié nue mais en portant fièrement les petites culottes de sa soeur de six ans !!!???!!!
Alors, même moi, habituée par plus de dix ans d'originalité, suis restée bouche bée devant la subtilité de son intelligence.
Des choses pire que ça, il n'y en a pas beaucoup
9 ans que je suis à la maison avec mes trois enfants. Pas de belle-mère ni de maman pour garder à volonté, pas de gardienne à proximité...
Nos occasions de s'évader quelques heures pour une soirée se compte sur le bout des doigts pour toute une année.
Vous devinez qu'avoir un «24 heures» pas d'enfants n'arrive pas souvent.
Nous étions supposé en avoir un troisième (en 9 ans). Mais comme tout se passait trop bien, la gardienne ne cancèle pas, pas de maladie en vue, aucune mauvaise nouvelle du travail, billets de théâtre achetés...
Tout était parfait, près pour une belle fin de semaine d'amoureux, mais non, cette histoire ne se termine pas comme dans les contes de fées, elle se termine par une gastro pour ma part juste avant de partir...
Nos occasions de s'évader quelques heures pour une soirée se compte sur le bout des doigts pour toute une année.
Vous devinez qu'avoir un «24 heures» pas d'enfants n'arrive pas souvent.
Nous étions supposé en avoir un troisième (en 9 ans). Mais comme tout se passait trop bien, la gardienne ne cancèle pas, pas de maladie en vue, aucune mauvaise nouvelle du travail, billets de théâtre achetés...
Tout était parfait, près pour une belle fin de semaine d'amoureux, mais non, cette histoire ne se termine pas comme dans les contes de fées, elle se termine par une gastro pour ma part juste avant de partir...
mercredi 4 février 2009
275-Allo ???
Écoutez Jeanne expliquer au monde entier que les biscuits de Pas-si-Germaine-que-ça sont durs et un peu trop cuits.
C'est ce qu'on appelle de la reconnaissance.
Incapable de mettre le lien pour cause "d'Ubuntu", mais allez à la page de radio à la carte de Radio-Canada. Émission du 4 février, elle est la première à parler.
Vous l'entendrez par la même occasion raconter comment elle fait des biscuits tous les mercredi après-midi avec sa mère (Ho, ho, ho, je voudrais surtout pas avoir l'air de me vanter).
Ça compense pour Madeleine qui avait aussi raconté à la planète que je lui avais proposé de faire une collection de nouilles.
Je ne suis pas sûre que je vais accepter qu'elles participent la prochaine fois.
C'est ce qu'on appelle de la reconnaissance.
Incapable de mettre le lien pour cause "d'Ubuntu", mais allez à la page de radio à la carte de Radio-Canada. Émission du 4 février, elle est la première à parler.
Vous l'entendrez par la même occasion raconter comment elle fait des biscuits tous les mercredi après-midi avec sa mère (Ho, ho, ho, je voudrais surtout pas avoir l'air de me vanter).
Ça compense pour Madeleine qui avait aussi raconté à la planète que je lui avais proposé de faire une collection de nouilles.
Je ne suis pas sûre que je vais accepter qu'elles participent la prochaine fois.
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